La revue de presse
Publié le vendredi 20 décembre 2024 à 08:47
La splendeur ranimée de Robert Merle, et la joie de sa biographe Chloé Thomas qui dispute avec son fantôme...
Chloé Thomas en portrait dans le Monde et dont le livre bluffe le Nouvel obs! Mediapart dit des mots violents de Rachida Dati et le Monde dit des mots dérangeants du Président Macron. Le Point nous offre un virtuose des maths, la Croix l'Hebdo la quête bouleversante, consolatrice, d'un père à Gaza.
Vous nous parlez d’un été…
Un été d’ennui adolescent dans le Limousin et un livre qui traine dans une maison familiale, Malevil, de Robert Merle, l’histoire d’une survie après une explosion nucléaire dans le Périgord, on le lit avec passion… et des décennies plus tard, on le relit, car il était toujours là dans la maison sur l’étagère poussiéreuse, et là, adulte on est impressionné tant il semble contemporain cet écrivain dont on ne parle quasiment plus…
Et l’on se dit, qu’il va falloir éclaircir ce mystère Robert Merle…
Et ainsi dans le Nouvel Obs, Xavier de la Porte que nous connaissons dans cette maison, nous attire à un livre qui justement résout le mystère Merle…
Le livre s’appelle « Robert Merle Roman », de Chloé Thomas, qui écrit donc des bouquins et a enseigné l’anglais à la fac à Angers, ce qui lui fait un point commun avec Merle qui lui aussi enseignait l’anglais… De Madame Thomas, le Monde a sorti un chouette portrait dans son cahier le monde des livres, c’est en kiosque depuis hier, j’en sort tourneboulé et requinqué par cette femme de même pas quarante ans qui revendique tout, touche à tout l’hybride est son métier écrit le Monde, ce qui est un clin d’oeil à un bouquin de Merle intitulé la Mort est son métier… Hehe, on va y revenir…
Chloé Thomas donc, apprends-je par le Monde, est aussi bien germaniste qu’angliciste, romancière des enfants de mai 68 qui partaient travailler en usine, que traductrice des frères Grimm, fascinée par les déchéances, les mauvais poèmes de Goethe et puis Rubempré, ce personnage de Balzac qui compose des poésies pornographique pour trouver l’argent de l’enterrement de sa maitresse Coralie, et les vers de Shakespeare, la musique des mots, et un chansonnier français, Béranger, que sa grand-mère fredonnait, qui pourfendait la restauration dans les années 1800 et que Goethe avait en haute estime…
Et puis donc Robert Merle qu’elle a découvert à la bibliothèque municipale et qu’elle a considéré parce qu’elle n’est pas d’accord avec lui, qui jugeait ses romans supérieurs à la traduction, elle veut tout et dans son livre, elle dialogue dispute avec cet homme mort il y a vingt ans… Et cela donne dit le Nouvel Obs « un délice de rigueur analytique recouverte d’une couche d’autobiographie pleine de dérision »…
J’apprends que Merle qui eut le Goncourt pour son premier roman « Week- end à Zuydcoote » – l’errance d’un groupe de soldats français en 1940- eut le Goncourt en 1949, mais ensuite Merle considéra qu’il n’avait pas réussi sa carrière…
Pourtant nous dit Chloe Thomas, Merle, avant Hanna Arendt ,avait compris la banalité du mal, dans « La mort est mon métier » , portrait d’un criminel nazi.
Merle, en même temps que Bourdieu avait saisi le capital culturel dans “Derrière la vitre” (1970).
Merle, des années avant Reagan, avait annoncé dans “Un animal doué de raison” (1967), l’élection d’un acteur hollywoodien à la présidence américaine…
J’en passe, j’y passerais la matinée et j’y passerai mes vacances grace au Monde et au Nouvel Obs, à lire Chloé Thomas et lire Robert Merle, auquel sa biographe pardonne son non-féminisme, et qu’elle compare à d’autres auteurs mal estimés, parce qu’on ne saurait les étiqueter… Ainsi une écrivaine qui s’appelait Pierrette Fleutiaux, qui est gravée en moi, qui sortit son roman, « l’Histoire du tableau » quand elle était, au lycée, ma prof d’anglais.
On parle encore de mots…
Qu’après la ferveur populaire de Robert Merle je voudrais ignorer mais qui s’imposent à moi car ils sont sans doute un sujet politique…
Les mots d’abord que rapporte Mediapart et que la ministre de la Culture Rachida Dati utilise à l’encontre des journalistes qui enquêtent sur elle, ses réseaux, ses affaires passées, contre les journalistes et leurs patrons aussi, mots qui accompagnent des procédures judiciaires et qui font partie de sa stratégie pour empêcher qu’on lui nuise… « Salopard, je vais m’occuper de ton cas, minable raté ce n’est pas le mérite qui a fait ta carrière » auraient reçu Xavier Niel actionnaire du Monde et du Nouvel Obs, et Denis Olivennes directeur général de Libération, dont le directeur de la rédaction Dov Alfon, dit que la ministre , dans ses pratiques, par ses intimidations, « contourne tout le système démocratique. » Elle est garante notamment, la ministre, de nos libertés éditoriales…
Perturbants également les mots d’Emmanuel Macron que rapporte Le Monde qui poursuit son enquête sur les langages contradictoire du Chef de l’Etat…
… qui aurait dans une interview sur l’immigration accordée au journall d’extreme droite Valeurs actuelles, utilisé un mot désuet, péjoratif, « rabzouz », pour désigner les Français d’origine maghrébine, le mot ne figure pas dans la version publiée par le journal après relecture par l’Elysée…
Le Chef de l’Etat qui dans une réunion à l’Elysée, où l’on parlait de l’hopital et de l’aide médicale d’Etat, aurait dit ceci:« Le problème des urgences dans ce pays, c’est que c’est rempli de Mamadou… » Et puis « Vas-y, tu vas voir », aurait ajouté le Président à son alors ministre de la Santé Aurélien Rousseau, qui semble être la source de cet éclairage gênant…
On lit cela, on se met en garde soi-même car des mots balancésà la sauvette ne disent pas tout d’une action politique, mais on s’interroge forcément sur cet homme en responsabilité dont l’Opinion me dit qu’à Mayotte, il a passé une nuit à la dure, lit de camp et seau d’eau pour se laver, pour ne ps être dans le confort au milieu de la catastrophe. Est-ce plus vrai que des oublis?
Le Monde me dit aussi qu’Emmanuel Macron qui se réclamait du vieux social-démocrate Michel Rocard, qui lui ouvrait des portes au temps de sa jeunesse, était absent le jouir où sa veuve Sylvie dispersa ses cendres face à la mer en Corse, Sylvie Ricard qui ne fut jamais invitée à l’Elysée…
Je lis aussi l’ancien patron de la CFDT, Laurent Berger, a consigné dans 23 carnets moleskine, les bluffs les entourloupes les petits mensonges qu’il subit d’Emmanuel Macron, ministre puis Président…. L’inventaire écrit le journal, d’un double état permanent. Ceci étant un jeu de mot rappelant un livre de François Mitterrand sur la Ve république, « coup d’état permanent »… Ma vieillesse est une mémoire…
Je lis dans la Voix du Nord la lassitude des chauffeurs routiers que le Royaume-Uni assomme d'amendes quand des migrants montent dans leurs camions, les détresses s'entremêlent, on le savait déjà.
On parle enfin de grâces…
Auxquelles je vous invite pour vous consoler des avanies du temps. La fraicheur la volonté l’intelligence et les mots d’un Mozart des maths auxquels nous convie le Point, Thomas Mordant, virtuose de 26 ans, normalien et chercheur au laboratoire de mathématiques d’Orsay en géométrie algébrique, et que je vois dans son bureau travaillant dans un lit médicalisé, car Thomas a accompli le parcours en dépit d’une affection terrible, la maladie des os de verre… Il travaille sur « les sous-ensembles de l’espace à plusieurs dimensions qui sont définis par l’annulation d’équations polynomiales »... « Comme les paraboles ou les hyperboles », précise-t- il. J’apprécie Thomas ta précision…
Et j’entend des mots « théorie des cordes », « théorie des hauteurs », « surface de Kummer », que je trouve d’autant plus musicaux qu’il faut me les expliquer, il aime Thomas Mordant Les Noces de Figaro, de Mozart, car « tout y est bien à sa place »…
Vous lirez dans Télérama des splendeurs de ciels de BD de peinture de musique, vous lirez dans la Vie des splendeurs d’images de Jésus, et des scandales aussi, mais ceux-là ont de l’épaisseur…
Vous lirez dans la revue féministe « La Déferlante », qui s’interroge sur la mode et le corps, comment s’habiller, une femme nommée Marie-Claire qui, handicapée, fabrique (vous verrez ) ses habits elle-même; manches amples robes évasées, pour son corps qui n’est pas fait pour la fashion, elle coud devant nous et sa fille raconte cette maman qui fume aussi la pipe et aime rouler en voiture chercher les soleils couchant, et qui lui offrit gamine une boite à couture.
Vous lirez dans la Croix l’hebdo une histoire merveilleuse, d’un homme dont la femme est morte dans une guerre, un bombardement, juste après avoir donné naissance à leur fils que des médecins ont recueilli, mais où? Et dont la fille âée de deux ans, elle aussi recueillie, fut séparée de lui par des combats des soldats, des barrages… Il a retrouvé sa fille, aidé par une journaliste, Marie Boeton qui franchissait des murs, et retrouvera son fils, bébé anonyme, comment douter?
Cela se passe à Gaza, le père s’appelle Mohamed et la fillette Jana, c’est l’histoire la plus consolatrice que vous rencontrerez en ce temps de Noel…