CAFE

시사-르포

Lyhanna, de la colère et des larmes, et l'embarras face à Zverev

작성자Pr Jho|작성시간26.06.08|조회수7 목록 댓글 0

Dans l'œil de
Par Nora Hamadi

Publié le lundi 8 juin 2026 à 08:46

 

Dans l'œil de Nora Hamadi : Lyhanna, de la colère et des larmes, et l'embarras face à Zverev

Revue de presse du lundi 8 juin 2026

« On dit tout le temps : plus jamais ça… et ça recommence… » À la une de Libération, cette phrase entendue dans la manifestation qui a rassemblé 6 000 personnes à Fleurance dans le Gers.

Dans le cortège, ces instantanés racontent la défiance vis-à-vis d’institutions qui ne protègent plus. Sébastien, la cinquantaine, cariste laisse éclater sa colère : « Les enlèvements, les viols, les assassinats, ça n’arrête pas. Et rien n’est fait. Là, il faut réclamer justice, on ne peut plus supporter ça. Personnellement, je ne peux plus ».

Comment lire les excuses du garde des Sceaux, Gérald Darmanin ? « Ça vient trop tard. C’est du baratin pour se couvrir », dit-il. Isabelle travaille au conseil départemental du Gers : « Ce serait, moi il ne passerait même pas par la case prison ».

Elle parle de castration, quand une jeune femme de 28 ans envisage une pendaison sur un rond-point, ou « une balle dans la tête » dit-elle à Sabrina Champenois. « Ils nous font chier pour rien. On se prend des douilles parce qu’on a roulé à 55 km/h au lieu de 50… »

« Derrière ce drame, c’est la crise de l’action publique », nous dit l’opinion dans son édit orial. L’énième illustration d’un État qui ne tourne pas rond. « D’administration pilotée à vue, au gré d’ordres et de contre-ordres, d’une technocratie aux règles absconses, en décalage complet avec les attentes des citoyens ».

Comment imaginer encore en 2026 ce dossier papier envoyé par la poste, ce système informatique obsolète ? Suffira-t-il de « poursuites disciplinaires » et de « sanctions individuelles » quand « la question est l’organisation de l’État dont le politique à la charge », s'interroge Olivier Baccuzat ?

« Éducation, justice, hôpital, police… Autant d’administrations rongées par le chambardement permanent, sans cohérence, sans souci d’efficacité, le tout croulant sous la paperasse ». « Merci le législateur ! Bienvenue en France, pays où tout est prioritaire et ou donc rien ne l’est ».

Quand tout est prioritaire, rien n’est prioritaire…
Et c’est aussi le propos d’un magistrat dans Le Parisien. À la tête d’un petit parquet, il raconte sa difficulté : « C’est que je suis à la fois substitut et chef d’équipe. Que je dois être disponible 24h/24h, 7/7, que je requiers au pénal, au civil, devant le tribunal de commerce. L’autre problème, c’est que tout est prioritaire : les violences intrafamiliales, le narcotrafic, les violences sexuelles, la radicalisation, les atteintes à l’environnement, les mariages frauduleux… »

« On a reçu 60 instructions du ministère sur les sept derniers mois, soupire-t-il, je vous mets au défi de trouver un collègue qui les applique toutes à la lettre ! Quand tout est prioritaire, plus rien ne l’est ».

Et cela percute déjà la campagne présidentielle
La politique s’immisce partout… nous dit Dinah Cohen dans L’Opinion. Jean-Luc Mélenchon veut une loi globale contre la pédocriminalité… Édouard Philippe accuse les magistrats : « La mort de Lyhanna n’est pas une question de moyens, car le tribunal d’Auch dans le Gers n’est pas en sous-effectif. »

Dans Le Figaro, vous lirez que Bruno Retailleau a mis les pieds dans le plat et propose la création d’une cour disciplinaire de la magistrature. La justice est sommée de rendre des comptes…

« Cette proposition mérite de poser la question de la responsabilité des juges en les arrachant à l’entre-soi corporatiste. Analyse Guillaume Tabard. Un moyen salutaire d’inverser la spirale d’une défiance croissante des Français à leur endroit. Dans Le Parisien, vous lirez qu’Emmanuel Macron en déplacement au Monténégro, ne veut entendre « aucun argument de moyen » dans cette affaire…

Pourtant, dans le dernier rapport de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, le constat est cinglant. Trois procureurs pour 100 000 habitants. La France est bonne dernière. La moyenne est à 12,2. En attendant, l’exploitation politique de la mort de Lyhanna va laisser des traces chez les magistrats écrit Timothee Boutry, qui voit poindre « écœurements et lassitude ».

Alors sans doute faudra-t-il en passer par un parquet national dédié aux violences sexuelles, exhorte l’avocate Rachel Flore Pardo, dans Libération.

Dans Midi Libre, Michèle Créoff, ancienne présidente du conseil national et secrétaire générale de l’association Face a l’inceste rappelle une évidence : « Les agresseurs sont dans l’impunité. Ils ne risquent rien, et ils le savent ».

Alexander Zverev, un vainqueur absent des unes des journaux
Alexander Zverev a remporté Roland-Garros. Mais il n’est pas en une du Parisien. Il est en vignette en première page des DNA, du Figaro et de L’Équipe. C’est donc un héros très discret… Et cela dit sans doute beaucoup de l’embarras, que suscite le numéro 3 mondial.

Le Parisien nous conte d’abord « sa quête ». À 29 ans, Sasha, son surnom, courait depuis longtemps après un titre majeur. Puis très vite, il est question de sa personnalité complexe, une sorte de « Gueule d’ange au caractère de démon dont on ne sait jamais vraiment si le sourire est franc, ironique ou carnassier », écrit Éric Bruna, qui convoque ses casseroles sur le cours, ses colères.

Mais l’ombre au tableau, ce sont aussi ces accusations de violences conjugales. Olya Sharipova, ex-joueuse et ancienne compagne d’Alexander Zverev, livre en octobre 2020 un témoignage glaçant, plusieurs fois répété, de coups, d’étranglement… mais sans jamais porter plainte.

En 2023, c’est la mère de sa fille qui l’accuse aussi de l’avoir étranglée. L’Allemand a été condamné par un tribunal de Berlin à près d’un demi-million d’euros d’amende pour violences conjugales.

Le joueur a fait appel avant de trouver un accord avec son ex-compagne. L’Équipe, de son côté, évoque aussi ces accusations dans un éditorial de Julien Reboullet : « Faire avec ». « Certes, il a payé une amende mais dans le droit allemand, cela ne constitue pas un aveu de culpabilité, lirez-vous, et cela n’est pas inscrit au casier judiciaire. Il restera présumé innocent d’une affaire que la justice ne tranchera plus. Tout le monde devra se débrouiller avec ça. Elle, lui, vous, nous. »

Page suivante, le quotidien choisit de traiter « l’autre adversaire » de Zverev… Son autre adversaire, c’est son diabète de type 1. Dont acte. Son autre adversaire… aurait pu être sa colère, sa violence aussi. Et d’une violence à l’autre, c’est un continuum. Et on ne veut plus, définitivement, « faire avec ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

다음검색
현재 게시글 추가 기능 열기

댓글

댓글 리스트
맨위로

카페 검색

카페 검색어 입력폼