Dans la presse : philosopher ? Un privilège ? Parlons travail, droit à l'om
작성자Pr Jho작성시간26.06.15조회수4 목록 댓글 0Dans l'œil de
Par Nora Hamadi
Publié le lundi 15 juin 2026 à 08:46
Dans la presse : philosopher ? Un privilège ? Parlons travail, droit à l'ombre, et à nager tranquille !
Revue de presse du lundi 15 juin 2026. De la place de la philosophie dans le cursus scolaire aux inégalités face aux fortes chaleurs, retour sur les enjeux de société abordés dans la presse cette semaine. Une revue de presse qui questionne aussi la précarité des travailleurs.
Philosopher est-il un privilège ? Il est 8h45, cela fait 45 minutes que les terminales des filières générales et technologiques composent dans l’épreuve de philosophie…
Mais philosopher ne doit pas être un privilège, écrit Edwige Chirouter dans Libération. Pourtant, certains bacheliers en devenir en sont exclus : celles et ceux des voies professionnelles. Alors la Professeure des universités en philosophie de l’éducation s’interroge : « si la philosophie est considérée comme essentielle pour la vie de la cité, si elle est un pilier pour forger l’esprit critique, pourquoi en priver plusieurs centaines de milliers de jeunes, souvent issus des classes populaires ? »
Celle qui est aussi titulaire de la chaire Unesco sur la philosophie avec les enfants nous exhorte à « pirater la philosophie » car « C’est une question politique ». Celle-ci ne peut être « confisquée par une élite, limité à un âge de la vie ou un seul milieu social ». « On ne peut pas penser ces injustices séparément des inégalités politiques : elles en sont à la fois le reflet et l’un des principaux mécanismes de reproduction, privant les personnes dominées des savoirs et des ressources intellectuelles nécessaires pour nommer leurs conditions, la contester et s’en émanciper ».
Alors, philosophons-nous aussi… Faut-il instaurer un droit à la fraîcheur ?
C’est bien l’enjeu, quand ces examens se déroulent alors qu’une nouvelle vague de chaleur intense s’annonce cette semaine… Dans Libération toujours, vous lirez que cette annonce de tenir désormais les épreuves du bac général et technologique le matin, cache une victoire syndicale.
Le calendrier du baccalauréat comme celui du brevet a été adapté dès l’an dernier… Mais les grands oubliés de cette réforme restent les élèves de bac professionnel dont les épreuves se sont déroulées fin mai, en pleine canicule. « On nous disait que c’était trop complexe de le faire dans ce cas. Cela dénote une forme de mépris pour le bac pro », pointe la secrétaire générale du SNES FSU.
Près de 78 % des collèges, et des lycées ont alors relevé des températures supérieures à 30 °C dans la période. Alors il va falloir coûte que coûte, « adapter le bâti, rénover les écoles, travailler sur le calendrier scolaire » selon la géographe Magali Reghezza Zitt.
Dans la revue Novendi, c’est la question d’un « droit à l’ombre » qui se pose. « Dans des villes devenues fournaises, l’ombre agit comme un révélateur des inégalités », lirez-vous… Car les quartiers les plus riches d’une ville sont aussi ceux qui bénéficient le plus de l’ombre, nous apprend le magazine des géomètres-experts.
Une étude publiée en 2026 dans la revue Nature cartographie l’ombre des trottoirs de capitales. Et le constat est sans appel : les chercheurs démontrent que le niveau d’ombre des rues est corrélé à la richesse des riverains… En somme : « dis-moi si ta rue est ombragée, je te dirai combien tu gagnes ». Et il ne suffira pas d’augmenter la couverture végétale globale si ces inégalités spatiales persistent. Il faut instaurer « un droit à l’ombre et à la fraîcheur ».
À quoi bon travailler quand le travail ne paye pas ?
C’est la question qui se pose à la lecture du deuxième baromètre Ipsos BVA des épiceries solidaires Andes… Et c’est à lire dans La Croix ce matin. Les résultats sont édifiants : 27 % des travailleurs pauvres sont souvent ou très souvent contraints de ne pas manger à leur faim. 19 % disent sauter plusieurs repas par semaine.
À Roubaix, à l'épicerie solidaire Le Panier garni, on a effectivement vu la population changer. Ce furent d’abord des personnes aux minima sociaux, puis les étudiants, les retraités, les travailleurs pauvres… Depuis trois ans, ce sont désormais des employés au salaire pourtant convenable.
« Ce sont des parents qui gagnent 2 000 € net, mais qui avec l'inflation ne parviennent pas à boucler les fins de mois. » évoque Farid Achouche, le responsable. Dans les colonnes du Monde, c’est l’économiste Branko Milanovic, spécialiste des inégalités, qui analyse cet appauvrissement : « Les classes moyennes supérieures de Chine, d’Inde ou d’Indonésie dépassent désormais souvent la partie basse des classes moyennes des pays occidentaux. Et ces dernières le vivent mal. Cette situation aurait pu être évitée par une politique plus redistributive ».
En c’est sans doute le comédien Hakim Jemili, accoudé au café Le Paris-sport à Charenton-le-Pont, qui nous interpelle dans Le Monde : « Le manque d’argent, la pauvreté, ça te fait perdre ta lucidité. »
L’homme, plongé dans l’eau, reste-t-il un homme ?
Oui, c’est une question un peu à la con. Mais vous allez comprendre…
Sur le compte Instagram des DNA et du Progrès, vous découvrirez une nouvelle notion, théorisée par la sociologue Cornelia Hummel, et dont le magazine ELLE s’est fait l’écho il y a quelques jours.
Après le "mansplaining" ou le "manspreading", voici le "mansplashing" ! Une pratique invasive de certains hommes à la piscine, qui consiste à prendre toute la place dans un couloir de nage en éclaboussant tout sur son passage. Les femmes sont donc reléguées dans une pratique modeste… Même si elles nagent mieux que ces messieurs.
L’homme, plongé dans l’eau, reste-t-il un homme ? Quand je vous dis que philosopher n’est pas un privilège… Allez, vous avez quatre heures.