Journal de 12h30
Publié le mardi 6 janvier 2026 à 12:30
Est-ce vraiment la fin de l'ère Maduro au Vénézuela ?
Le soulagement de certains à Caracas se mêle désormais à l'angoisse que rien ne change sur place.
C’était il y a 5 ans jour pour jour, le 6 janvier 2021. Dans une violence déchaînée, des milliers de partisans trumpistes prenaient d’assaut le Capitole à Washington, temple de la démocratie américaine. L’événement avait provoqué, on s'en souvient, une véritable onde de choc. Or, depuis le retour à la Maison Banche du milliardaire républicain, adepte du coup de force, on ne compte plus les secousses qui font régulièrement trembler le monde par la volonté d'un seul homme.
Dernier exemple en date, évidemment, l'aventurisme militaire de Donald Trump au Venezuela qui a conduit à l'enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro et la confrontation pour la première fois, hier, du président déchu avec la justice américaine. Toujours est-il qu'après que Washington a annoncé l'avènement d'une nouvelle ère pour le pays latino-américain, force est de constater que les Vénézuéliens, eux, sont encore loin d'être véritablement maîtres de leur destin. Il suffit, d'ailleurs, pour s'en convaincre de constater la proximité idéologique aujourd'hui des autorités de transition avec l'ex-dictateur. Pour l'heure, le changement de régime au Venezuela n'est visiblement pas pour demain. Où en est d'ailleurs l'opposition aujourd'hui ? Et pourquoi les Etats-Unis semblent vouloir s'appuyer non pas sur l'opposition, mais bien sur les partisans de Nicolas Maduro qu'ils sont eux-mêmes allés déchoir de sa fonction de président ?
Bref, tous ceux qui au Vénézuela s'étaient mis à rêver soudain de démocratie avec la chute du despote risquent de devoir faire preuve encore de beaucoup de patience pour ne pas céder à la frustration et à la colère. Et que dire également des critiques, sinon des réactions parfois hostiles entendues aux Etats-Unis même (y compris au sein du camp républicain) après ce coup de force en forme de nouvel impérialisme illégal ?
L'invité de la rédaction : Lauric Hèn'ton, maître de conférences à l’Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines, par ailleurs membre du Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines.
Parce qu'elle constitue aujourd'hui un point de bascule effarant pour le droit international, mais aussi la coopération multilatérale et au fond l'ensemble de la géopolitique mondiale, l'opération de l'armée américaine le weekend dernier continue de dominer l'actualité. Avec, notamment, cette question : pourquoi s'épuiser à vouloir agir dans le respect des règles quand l'absence de légitimité et le mépris systématique des institutions et des conventions se satisfont très bien de prendre le contrôle de façon aussi éhontée ? Les réactions d'une prudence exagérée des chancelleries à cette opération en disent long d'ailleurs sur cette déstabilisation à l'œuvre, dans un monde plus que jamais partagé en sphères d'influence. Et à ce titre, la réunion aujourd'hui à Paris de la coalition dite "des volontaires" devrait en partie nous éclairer, justement, sur ce nouvel ordre ou plutôt ce désordre mondial régi par la loi du plus fort.
Européens et émissaires américains ont prévu de se retrouver tout à l'heure pour un sommet visant à afficher leur "convergence" sur les garanties de sécurité à fournir à l'Ukraine en cas d'accord de cessez-le-feu avec la Russie. Et on imagine que l'ombre de l'opération des Etats-Unis au Venezuela devrait assez largement planer au-dessus sur cette réunion.
Les autres titres de l'actualité
Jugés pour avoir "facilité l'entrée illégale et le séjour" de migrants, ils ont finalement été libérés la nuit dernière. Avec l'audience d'hier, c'est un cauchemar long de 20 mois qui a pris fin pour quelques 23 prévenus parmi lesquels des travailleurs humanitaires de l'ONG française Terre d'asile, placés en détention provisoire en Tunisie, soupçonnés d'avoir hébergé ou caché des personnes d'Afrique subsaharienne entrées clandestinement dans le pays. Le tribunal a toutefois prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis à l’encontre des accusés.
Après deux semaines de suspension de ses travaux, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public en France doit se réunir à nouveau cet après-midi. Et son président, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus compte bien en profiter pour recadrer la manière dont le rapporteur, le député Ciottiste Charles Alloncle conduit ces auditions. Parmi les nouvelles règles que souhaite instaurer le président, il y a notamment l'interdiction de relayer les débats sur les réseaux sociaux, ainsi que le fait très régulièrement, justement, Charles Alloncle accusé de vouloir ainsi mener une bataille politique et partisane destinée à décrédibiliser l'audiovisuel public. Et ce alors même que l'objet de cette commission vise à essayer d'établir la vérité en vue de révéler d'éventuels dysfonctionnements.
La très médiatique députée du Rassemblement national, Laure Lavalette, a annoncé ce matin se lancer à la conquête de la mairie de Toulon, l'une des premières grandes villes gagnées il y a plus de 30 ans par le Front National. C'est dire si le parti d'extrême droite nourrit de grandes ambitions sur place. Sans compter que le Var est, lui-même, un département où le parti à la flamme est particulièrement ancré. Sauf que Laure Lavallettte a choisi, en l'occurrence, de se présenter sans étiquette. Comment la députée RN de la 2eme circonscription du Var justifie-t-elle son choix ?