Journal de 12h30
Publié le mercredi 10 juin 2026 à 12:30
Irlande : violents incidents lors de manifestations anti-immigrés à Belfast
"Choquantes" et "inacceptables". C'est par ces mots que le Premier ministre britannique a qualifié les violences anti-immigrés qui ont explosé hier soir à Belfast.
Des voitures et des maisons incendiées après les violences survenues la nuit précédente, à Belfast, en Irlande du Nord, le 10 juin 2026 ©AFP - Paul Faith
Depuis près de deux ans, déjà, de violents rassemblements anti-immigrés secouent régulièrement l'Irlande du Nord. Mais c'est vrai que les images des incidents qui ont éclaté hier soir, à Belfast, montrant des centaines de manifestants, pour beaucoup des incendiaires, le plus souvent le visage masqué impressionnent. Tout autant, d'ailleurs, que la vidéo diffusée la veille et largement partagée sur les réseaux sociaux d'une attaque perpétrée dans un lieu public, montrant un assaillant assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups de couteau au visage et au dos. En l'occurrence, le suspect dont l'identité n'a pas été révélée, un réfugié soudanais a été inculpé hier soir pour tentative de meurtre. Il doit comparaître aujourd'hui devant un juge. A ce stade, le motif de cette attaque reste encore incertain. Mais d'ores et déjà la piste terroriste a été écartée. Cette agression au couteau, condamnée unanimement par la classe politique britannique, a donc suscité des appels à manifester hier soir. Des appels relayés par des figures de l'extrême droite ; également soutenus par un certain Elon Musk. Jusqu'à provoquer ces scènes d'une extrême violence et que la ministre nord-irlandaise de l'Intérieur a dénoncé ce matin sur la BBC comme "racistes".
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Dans la bande de Gaza, là-bas, huit mois après l’entrée en vigueur théorique d’un cessez-le-feu, l'enclave palestinienne s'enfonce chaque jour un peu plus dans une crise humanitaire innommable, tout en comptant ses morts : on parle de 125 personnes tuées en moyenne, chaque mois, même si rien ou presque ne permet de vérifier de manière indépendante le nombre des victimes, puisque depuis le 7 octobre 2023.
S'agissant de l'Ukraine, hier, les chefs de gouvernement de huit pays nordiques et baltes, réunis en sommet en présence du président Volodymyr Zelensky ont exprimé leur soutien à la marche, selon eux, "irréversible" de Kiev vers l'Otan, de même qu'à son adhésion à l'Union européenne "dès que possible". En attendant, la Commission européenne a elle prévu de soumettre aujourd'hui aux Etats membres une 21ème batterie de sanctions contre la Russie.
Hier encore, le gouvernement aura pu mesurer l'intense pression politique provoquée par la disparition puis l'assassinat de la petite Lyhanna, au cours d'une séance de questions quasiment exclusivement consacrée à ce drame. Entre les appels, à gauche, pour davantage de moyens financiers et humains et ceux, à droite, pour des mesures plus répressives, c'est vrai que l’affaire a monopolisé les débats parlementaires. De son côté, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, y a poursuivi son exercice de contrition. Sauf que les politiques ne sont pas les seuls mis en cause aujourd'hui. Certains pointent du doigt la responsabilité des magistrats dans le mauvais traitement des plaintes. D'autres s'interrogent : des erreurs auraient-elles pu être commises par les gendarmes ?
Après ses 48 heures de garde à vue, Patrick Bruel a été présenté ce matin à trois juges d'instruction en vue de sa mise en examen. Accusé de tentative de viols, viols, harcèlements sexuels et agressions sexuelles par une trentaine de femmes, le chanteur et comédien est entendu depuis lundi dans le cadre d'une enquête. Les faits commis entre 2010 et 2019 concerneraient 9 victimes présumées. Et ce matin, le parquet a réclamé son incarcération.
Il n'y a pas que les TGV qui restent à quai aujourd'hui, en moyenne un sur trois. La grève de 24 heures débuté ce matin à la SNCF touche également fortement toucher les trains régionaux ou de banlieue, eux aussi, de plus en plus ouverts à la concurrence. Car c'est bien là que se situe le point d'achoppement entre les quatre principaux syndicats et la direction. Depuis l'an dernier, au fur et à mesure du lancement d'appels d'offres pour déterminer qui exploitera les lignes de trains, l'entreprise ferroviaire publique a créé de nouvelles entités privées, sortes de filiales locales dans lesquelles sont transférés les salariés, sous peine d'être licenciés, avec à la clé moins de jours de repos et des temps de travail plus longs, puisqu'à terme ils ne dépendront plus de l'accord d'entreprise, mais d'un accord de branche moins disant. Bref, une transformation interne majeure dans une ambiance extrêmement anxiogène. Et pour les organisations syndicales qui font le parallèle avec France Telecom, il y a quelques années, ce bouleversement dans les habitudes de travail est tel que ce sont les plus fragiles aujourd'hui qui trinquent. Depuis le début de l'année, pas moins de 13 suicides ont été recensés à la SNCF. Alors, faut-il en déduire que la restructuration des grandes entreprises provoque nécessairement de la souffrance au travail ? Pour tenter de répondre à cette question, invité de la rédaction aujourd'hui, en duplex depuis chez nos confrères de ICI Gironde : Nicolas Chaignot, juriste, sociologue, par ailleurs chercheur en santé mentale au travail au Centre de droit comparé du travail et de la sécurité sociale de l'Université de Bordeaux. Au-delà des revendications salariales qui motivent en partie cet appel à la grève, c'est peut-être une inquiétude plus grave qui a donc poussé les quatre syndicats de la SNCF à s'unir dans un même mouvement. Tous dénoncent la "multiplication des drames" entraînée par "les restructurations compulsives et le processus de filialisation" en cours dans l'entreprise.