Grève à la SNCF : le trafic régional fortement perturbé et un TGV sur trois
작성자Pr Jho작성시간26.06.10조회수3 목록 댓글 0 Grève à la SNCF : le trafic régional fortement perturbé et un TGV sur trois annulé
Les cheminots font grève, mercredi, et demandent un moratoire sur l’ouverture à la concurrence ainsi que des hausses de salaire pour faire face à l’inflation.
Le Monde avec AFP
Publié aujourd’hui à 10h11, modifié à 13h44
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A la gare de Quimper, le 9 juin 2026. FRED TANNEAU/AFP
Des TGV sont annulés, mercredi 10 juin matin, mais aussi des trains régionaux ou de banlieue, dans le cadre d’une grève de vingt-quatre heures organisée par les syndicats de la SNCF.
« Près d’un cheminot sur deux » est en grève en France, a estimé mercredi Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, premier syndicat de l’entreprise publique. « Il y a une implication très forte des cheminots », a-t-il déclaré. Selon lui, la direction a « tout organisé » pour assurer le départ d’un maximum de TGV et de trains avec des personnels non grévistes formés volontaires mais « il lui est très difficile d’effacer l’unité des cheminots qui s’exprime ». Contacté par l’Agence France-Presse (AFP), le groupe SNCF n’a pas communiqué sur les chiffres de la mobilisation.
Le trafic mercredi matin est conforme aux prévisions, a déclaré SNCF Voyageurs : le trafic régional – les « trains du quotidien » – est « fortement perturbé » et, sur les grandes lignes, on compte en moyenne un TGV sur trois annulé et un train Intercités sur deux. Sur les applications SNCF, les trains supprimés ne sont pas affichés, seuls ceux qui sont maintenus y figurent. Dans la région parisienne, seul le RER A ne devrait pas être trop touché par le mouvement, selon les prévisions de trafic.
Les quatre principaux syndicats de l’entreprise ferroviaire publique, CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, qui ont lancé l’appel à la grève, demandent un moratoire sur l’ouverture à la concurrence ainsi que des hausses de salaire pour faire face à l’inflation liée à la guerre au Moyen-Orient. Au cœur de la protestation se trouvent les filialisations lancées depuis l’an dernier par la SNCF au fur et à mesure du lancement par les régions d’appels d’offres pour déterminer qui exploitera les lignes de trains au départ de chaque métropole régionale.
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Vingt-sept mille salariés touchés par la concurrence
Quand bien même l’appel d’offres serait remporté par la SNCF elle-même, l’entreprise crée une « nouvelle entité privée », dans laquelle elle « transfère ses personnels s’ils veulent bien l’être », explique Julien Delion, conducteur à la SNCF et secrétaire du syndicat CGT-Cheminots de Bayonne. « Avec à la clé moins de jours de repos et des temps de travail plus longs. » « S’ils refusent le transfert, ils seront licenciés parce qu’en fait c’est tout un territoire qui bascule, donc ils n’ont pas d’autre option localement », souligne-t-il, jugeant « l’ambiance très anxiogène » dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques notamment, où l’ouverture à la concurrence doit se faire prochainement.
Au total, « 27 000 salariés SNCF » sont « embarqués dans la concurrence » et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d’une PME de 400 ou 500 personnes, a confirmé mardi à Paris Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs, lors du salon du transport public Mobco. Il admet qu’il s’agit d’une « transformation interne majeure », mais affirme tout faire pour que le transfert se passe bien.
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Au total, neuf régions TER sur onze ont lancé ou s’apprêtent à lancer des appels d’offres pour exploiter leur réseau. Seules deux régions, l’Occitanie et la Bretagne, attendent la fin de la convention qui les lie à la SNCF. Mais, à terme, toutes les lignes de TER devront être mises en concurrence d’ici à fin 2033, prévoit la loi. Si les élus y voient le potentiel pour améliorer la qualité et le nombre de trains, les syndicats de salariés estiment que les gains de productivité se font sur le dos des salariés.
La direction de la SNCF reconnaît que l’entreprise est en pleine transformation mais réfute les arguments des syndicats en faisant valoir qu’elle mène un « dialogue social constructif et très nourri depuis plusieurs mois ».
La concurrence a aussi démarré sur le réseau TGV, sans appel d’offres cependant, car plusieurs opérateurs peuvent exploiter une même ligne, comme Trenitalia et SNCF Voyageurs sur les lignes Paris-Lyon et Paris-Marseille. Pour les syndicats, qui font le parallèle avec France Telecom il y a quelques années, le bouleversement dans les habitudes de travail est tel que ce sont les plus fragiles qui trinquent : 13 suicides ont été dénombrés à la SNCF depuis début 2026, du jamais vu de mémoire de cheminots.
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