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인터뷰-토론

De la Comédie-Française au Louvre : deux nouveaux présidents, ou l’art de b

작성자Pr Jho|작성시간26.06.10|조회수8 목록 댓글 0

L'Invité(e) des Matins
Par Guillaume Erner

Publié le mercredi 10 juin 2026 à 07:42

 

 

De la Comédie-Française au Louvre : deux nouveaux présidents, ou l’art de bien commencer la saison

Patrimoine à transmettre, chantiers démesurés, argent public sous tension : Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française et Christophe Leribault, à la tête du Louvre, s'interrogent sur ce que ces maisons doivent à leur histoire et sur ce qu'elles en font aujourd'hui.

Avec
Clément Hervieu-Léger
Metteur en scène, comédien et administrateur général de la Comédie-Française

Christophe Leribault
Président-directeur du musée du Louvre

Filles de la monarchie devenues biens de la Nation, la Comédie-Française, née en 1680, et le Louvre, palais des rois ouvert au peuple en 1793, n'avaient jamais autant dialogué. Cette saison, leurs programmes se répondent avec des expositions, des lectures et des créations en écho, de Zurbarán à Calderón et... France Culture s'invite dans la conversation autour d'un cycle Corneille. Pour évoquer cette amitié de longue date et ces ponts de la peinture au théâtre en passant par la radio, Guillaume Erner reçoit Clément Hervieu-Léger et Christophe Leribault, historien de l'art arrivé à la tête du musée du Louvre en février 2026, dans la tempête du vol des joyaux de la couronne. Patrimoine à transmettre, chantiers démesurés, argent public sous tension : deux administrateurs s'interrogent sur ce que ces maisons doivent à leur histoire et sur ce qu'elles en font aujourd'hui.

La Comédie-Française, une maison qui s'inscrit dans son temps
Clément Hervieu-Léger souligne l'importance du collectif au théâtre : "La devise de la Comédie-Française, c'est 'Etre ensemble et être soi-même'. Il y a au cœur de la Comédie-Française une équipe de comédiennes et de comédiens avec un talent fou qui savent jouer ensemble et en même temps afficher des singularités extrêmement éblouissantes et éclatantes". Selon lui, "les comédiennes et les comédiens qui sont à la Comédie-Française pensent d'abord à la troupe avant de penser à leur propre carrière" et c'est ce qui fait "la force de cette maison depuis des siècles".

Quant à la manière dont il pense son métier et la programmation de la maison, il explique : "Ce qui m'importe, c'est de savoir comment la Comédie-Française continue à s'inscrire dans une société toutjours en mouvement, comment la question du répertoire peut faire écho à de grands sujets sociétaux qui traversent le débat public. C'est parce qu'elle sait s'adapter au monde qui l'entoure que la Comédie-Française est toujours présente depuis 780, et qu'elle est en phase avec son temps." Il insiste ainsi sur l'actualité du partenariat la Comédie Française avec France Culture. Il s'agit d'un partenariat autour d'un cycle Corneille, qui comprend des mises en scènes du Cid et de Cinna ; un théâtre qui pour Clément Hervieu-Léger "nous parle plus de pouvoir que d'amour", et qui a "aujourd'hui un écho tout à fait important".

Alors que les travaux de rénovation se poursuivent dans la salle Richelieu, Clément Hervieu-Léger prépare sa réouverture, qui se fera avec une représentation de Ruy Blas, une pièce de Victor Hugo : "Il me semblait que pour réouvrir la salle Richelieu, il fallait du théâtre en grand, il fallait un spectacle qui mobilise pleinement la troupe, mais aussi qui parle au plus grand nombre, un spectacle populaire, au sens le plus noble. Il y a peu d'auteurs comme Victor Hugo pour parler à toutes et tous. Ruy Blas, c'est un monument du répertoire français, cela fait longtemps qu'on ne l'a pas joué à la Comédie-Française et j'ai demandé à Julie Duclos, une metteuse en scène absolument remarquable, de mettre en scène pour cette réouverture de la salle Richelieu."

Sur un terrain plus politique, Guillaume Erner l'interroge sur sa programmation, qui convoque Simone de Beauvoir ou Marie NDiaye, des choix qui sont aussi des choix politiques, et lui demande : "Est-ce que vous avez peur de l'année qui vient, de 2027, de la présidentielle ?" Clément Hervieu-Léger répond : "Peur, je ne sais pas. Comme tout le monde, je m'interroge. Mais je n'ai pas du tout envie de faire de la politique-fiction. J'ai la chance de diriger une institution plus que tricentenaire qui a su, au fil du temps, se doter de statuts extrêmement solides. Elle a traversé des tempêtes : je pense à la Révolution française, aux heures sombres de la Collaboration. La Comédie-Française a réussi à poursuivre son activité et à demeurer debout. Ses statuts sont très forts de ce point de vue, et c'est là-dessus que je m'appuie."

Entre patrimoine et création : deux institutions au service du public
Christophe Leribault rappelle que le Louvre est à la fois un musée et un lieu ouvert : "le Louvre c’est un quartier de Paris, c’est-à-dire des milliers de fenêtres, de portes, de choses à sécuriser". Après le cambriolage, l’urgence est de "réparer, donc écouter, comprendre des équipes qui sont quand même meurtries par un tel événement". Il explique ainsi : "on redouble évidemment de soins, on a reposé plein de caméras, on a révisé toutes nos grilles". Il souligne cependant que si la sécurité constitue une priorité, le Louvre demeure "un endroit qui doit aussi montrer, qui ne doit pas être un coffre-fort complètement replié".

Au-delà de cette question, le bâtiment doit faire l'objet de rénovations massives selon son directeur : "Il faut tout refaire, il faut rénover les toitures, les verrières, le chauffage, les cloisons, des planchers, mais il faut aussi deux nouvelles entrées pour assurer une meilleure fluidité des accès. Il faut absolument que le Louvre prenne le tournant du XXIe siècle, à l'image de tous les travaux qui sont lancés actuellement au British Museum, au Metropolitan Museum de New York ou au Prado à Madrid. On a vraiment le devoir de pouvoir accueillir le mieux possible, non seulement tous les visiteurs français", mais aussi les touristes.

Clément Hervieu-Léger comme Christophe Léribault défendent une même mission de transmission. Christophe Leribault veut "maintenir de front une plus grande accessibilité, ne pas renoncer à une ambition culturelle", tout en "accueillant des primo visiteurs" et des publics variés. Clément Hervieu-Léger insiste quant à lui sur la nécessité de "faire culture commune" :"on a l’impression qu’on est visiteur d’un musée, spectateur d’un théâtre, non, il y a une culture qu’on doit s’approprier". Pour lui, cette culture doit être "concrète, incarnée" et constitue "un enjeu extrêmement important, notamment à l’égard de la jeunesse".

 

 

 

 

 

 

 

 

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