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인터뷰-토론

La Chine doit-elle changer son modèle de croissance ?

작성자Pr Jho|작성시간26.06.17|조회수5 목록 댓글 0

Les Enjeux internationaux
Par Guillaume Erner

Publié le mercredi 17 juin 2026 à 07:17

 

La Chine doit-elle changer son modèle de croissance ?

Malgré des performances record à l’exportation, la Chine voit sa demande intérieure ralentir et sa crise immobilière persister. Le nouveau plan quinquennal relance une question : le modèle de croissance chinois peut-il mener Pékin au rang de première puissance mondiale d’ici 2049 ?

Avec
David Baverez
Investisseur, installé depuis 2012 à Hong Kong

On continue de louer les résultats économiques exceptionnels de la Chine, qui performe particulièrement à l’exportation. Pourtant, au mois de mai, les ventes au détail ont enregistré leur première baisse depuis plus de trois ans, confirm‎ant l’essoufflement de la demande intérieure. Si Pékin continue de miser sur l’industrie et l’export, la crise immobilière persiste. Alors que le nouveau plan quinquennal, publié en mars, réaffirme l’ambition de Xi Jinping de faire de la Chine la première puissance mondiale à l’horizon 2049, la Chine peut-elle poursuivre sur cette trajectoire ? Ou devra-t-elle repenser les ressorts de son modèle de croissance ?

Une économie chinoise fragilisée derrière les performances d’exportation
David Baverez insiste sur une lecture contrastée de l’économie chinoise, dont l’interprétation dépend du critère choisi : par exemple, "à Paris, vous vivez en économie de paix, donc votre critère, c’est le PIB par tête", tandis qu’à Hong Kong, il y a une logique d’"économie de guerre", ce qui fait que le critère est la "dépendance relative", c’est-à-dire de savoir "est-ce que vous êtes plus dépendant de moi que je ne suis dépendant de vous", explique l’essayiste.

L’interprétation proposée repose sur une lecture géopolitique où l’économie chinoise est conçue comme une confrontation structurelle avec les États-Unis. David Baverez explique que "la guerre est monétaire", fondée sur la dépendance entre puissances puisque les Etats-Unis ont "la super-hégémonie monétaire avec le dollar" mais, la Chine ont "la super-hégémonie manufacturière". Cette logique transforme les échanges économiques en rapport de force stratégique.

Une recomposition des rapports de puissance et des équilibres mondiaux
L’essayiste met en avant une rivalité monétaire entre le dollar et le yuan, où la Chine chercherait moins à imposer sa monnaie comme monnaie de réserve qu’à "dé-dollariser le commerce". Alors que la puissance américaine repose sur sa capacité à imposer sa devise dans les échanges mondiaux, certains pays, notamment en Asie du Sud-Est, cherchent à "se dédollariser", afin de "ne pas dépendre d’un pays qui peut nous mettre 45 % de tarifs du jour au lendemain".

Finalement, David Baverez explique que cette compétition s’inscrit dans une logique de blocs où le contrôle du "goulot d’étranglement" repose sur des détroits stratégiques : Taïwan, Malacca, Ormuz, Djibouti et Panama. Aujourd’hui, "deux sont chinois et deux sont américains". Le "but en or, c’est Taïwan" un point décisif de l'équilibre mondial pour l'essayiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

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