L'Invité(e) des Matins
Par Guillaume Erner
Publié le vendredi 19 juin 2026 à 07:42
Fêter la musique à Radio France : la partition du service public
À l’occasion de la Fête de la musique, focus sur le rôle de Radio France devenue en 2021 la Maison de la Radio et de la Musique : 2 orchestres, un chœur, une maîtrise et 260 concerts par an. Un modèle défendu par son directeur Michel Orier, alors que revient le débat sur la fusion des orchestres.
Avec
Michel Orier
Directeur de la Musique à Radio France
Magali Mosnier
Ce dimanche 21 juin, la France fête la musique. L'occasion de s'arrêter sur un acteur singulier de la vie musicale du pays : Radio France, devenue en 2021 la Maison de la Radio et de la Musique. Deux orchestres (l'Orchestre National de France et l'Orchestre Philharmonique de Radio France), le chœur et la maîtrise de Radio France, près de 300 musiciens, quelque 260 concerts par an : un écosystème que défend Michel Orier, directeur de la musique et de la création, alors que le rapport Alloncle relance le vieux débat de la fusion des orchestres.
Pour en parler, Guillaume Erner reçoit le directeur de la musique et de la création, Michel Orier et Magali Mosnier la première flûtiste solo de l'Orchestre Philharmonique de Radio France.
Radio France, la fête de la musique et la mission des orchestres
Michel Orier rappelle d'abord que Viva l’Orchestra, "c'est d'abord une initiative des musiciens de l'Orchestre National de France" dont le but est "de s'ouvrir à la pratique amateur". Dans ce cadre, "une centaine de musiciens amateurs" participent à des répétitions encadrées par des "chefs de pupitre" en vue "de se produire à la fête de la musique", explique le directeur de la musique de Radio France. L’objectif est aussi d’ouvrir la pratique à tous les âges ; pour le directeur de la musique, "il n’y a pas d’âge pour participer à Viva l’orchestra, c’est de 7 à 77 ans", avec un répertoire varié allant de "Gershwin" à "la valse de Chostakovitch".
Pour Michel Orier, "l'idée de la fête de la musique" est de donner une place aussi aux amateurs, notamment aux "plus d’une dizaine de millions de Français qui pratiquent la musique en amateur". Il précise que l’événement est devenu massif et a pris "une dimension incroyable", en rappelant que "Paris est devenu un spot mondial au moment de la fête de la musique" et qu’il existe "une densité de participants qui est sans précédent", ce qui montre une diffusion large de la pratique musicale.
Le rôle des orchestres de Radio France : création, patrimoine et diffusion
Michel Orier justifie l’existence des deux orchestres par une mission culturelle large : "de mettre à disposition du plus grand nombre à peu près cinq siècles de musique". Il s’agit d’une tâche "considérable" qui demande "des formations musicales de haut niveau". Il rappelle également que "dans les années 1950, avant l'invention des politiques culturelles, il y avait 17 orchestres de radio", contre "12 en Allemagne" et "cinq à la BBC en Angleterre". Par ailleurs, en plus des concerts, ces deux orchestres ont un rôle créateur, l’Orchestre Philharmonique "crée une trentaine d'œuvres chaque année".
Magali Mosnier, première flûtiste solo de l’Orchestre Philharmonique, revient sur son expérience en tant que musicienne dans l’orchestre, qu’elle décrit comme une tension entre soliste et collectif. Elle explique qu’au sein de l’orchestre "on ressent des émotions incroyables" et insiste sur la dimension humaine et professionnelle : "ça fait 23 ans que je suis à l’orchestre et je ne suis toujours pas lassée". Elle souligne aussi l’exigence des "concours de niveaux incroyablement difficiles", mais aussi le plaisir du collectif et de la transmission.