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논평-해설

Prise d'El-Fasher au Soudan: que sait-on des crimes contre les civils ?

작성자Pr Jho|작성시간25.10.30|조회수36 목록 댓글 0

Les Enjeux internationaux

Publié le jeudi 30 octobre 2025 à 07:17

 

Prise d'El-Fasher au Soudan: que sait-on des crimes contre les civils ?

Au Soudan, des civils sont déplacées en masse pour fuir les crimes perpétrés à leur égard ©AFP - AFP

 

Ce dimanche en fin de journée, la ville d’El-Fasher, au Soudan, est tombée aux mains des Forces de soutien rapide, dans le cadre d’une guerre qui ravage le pays depuis plus de deux ans et demi, opposant l’armée régulière aux paramilitaires.

 

Avec

  • Raouf Mazouhaut Commissaire assistant du HCR , l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, en charge des opérations

Il s’agit de l’une des pires crises humanitaires au monde : on commence à peine à recevoir, au compte-gouttes, des informations sur le siège d’El-Fasher, mais aussi sur la fuite des civils qui, depuis deux jours, affluent par les routes, souvent à pied, vers les centres d’accueil pour réfugiés. Avec la chute de la ville, des civils déjà frappés par la famine après des mois de siège ont été directement pris pour cible : les paramilitaires se sont livrés à des exécutions, alors même qu’ils avaient promis l’ouverture d’un couloir humanitaire… Alors que la prise d’El-Fasher et les massacres qui s’en sont suivis étaient redoutés depuis des mois — véritable catastrophe annoncée — comment les ONG peuvent-elles intervenir pour porter secours aux populations civiles ?

 

El Fasher, une catastrophe annoncée

La chute de la ville d’El Fasher, au Darfour, marque un tournant dramatique dans une guerre qui ravage le Soudan depuis plus de deux ans et demi. Après un siège de près de 500 jours, les forces de soutien rapide (FSR) ont pris le contrôle de la ville, provoquant des massacres, des viols et une famine généralisée. Comme l’explique Raouf Mazou, haut-commissaire assistant du HCR : « Pendant 500 jours, les forces de maintien rapide ont encerclé la ville [...] et depuis quelques jours, la ville est tombée, on a un mouvement de population en dehors de la ville qui essaye de fuir pour sa sécurité. »

Le conflit oppose l’armée régulière soudanaise à cette force paramilitaire autrefois alliée. Les civils en paient le prix fort : « Les victimes, c’est les populations civiles, c’est les déplacements, c’est des violations des droits de l’homme. » La situation est d’autant plus tragique que les ONG ont eu un accès très limité à la ville durant le siège, ne pouvant intervenir qu’à Tawila, localité neutre située à 50 kilomètres.

 

Une crise humanitaire majeure et oubliée

Selon le HCR, 7,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et 4 millions ont fui vers les pays voisins. Près de la moitié de la population soudanaise a besoin d’aide humanitaire, une situation que Raouf Mazou qualifie d’« extrêmement grave ». Malgré son ampleur, la crise demeure largement ignorée : « C’est une crise oubliée [...] dont on ne parle pas suffisamment, ce qui rend extrêmement difficile la mobilisation des ressources nécessaires », déplore haut-commissaire assistant du HCR.

Le manque de médiatisation aggrave la pénurie d’aide : seuls 25 % des fonds requis ont été collectés. Pour le HCR, la priorité est de garantir la sécurité des civils et leur accès à l’aide humanitaire, tout en rappelant aux FSR leurs obligations en matière de droit international humanitaire. En toile de fond, Raouf Mazou souligne que ces conflits récurrents sont liés à des problèmes structurels de gouvernance et de ressources, exacerbés par le changement climatique**,** autant de facteurs qui prolongent un drame humain « dont on ne parle pas assez ».

 

 

 

 

 

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