Qu’est-ce que la “théorie de la simulation” qui obsède la Silicon Valley ?
작성자Pr Jho작성시간26.06.12조회수3 목록 댓글 0Les Enjeux internationaux
Par Guillaume Erner
Vendredi 12 juin 2026
Qu’est-ce que la “théorie de la simulation” qui obsède la Silicon Valley ?
Et si notre monde n’était qu’une simulation ? Dans "La Simulation" (Les Arènes), Loïc Hecht enquête sur une théorie qui fascine la Silicon Valley. De la tech à la physique quantique, il explore une question vertigineuse : et si notre réalité n’était pas la réalité ?
Avec
Loïc Hecht
Ecrivain et journaliste, auteur de La Simulation, éditions Les Arènes
C'est l’un des livres qui parmi les plus stimulants de l’année : La Simulation, enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, aux éditions Les Arènes. C’est une enquête qui débute en Californie avec quelques lignes publiées dans le New Yorker, disant en substance que deux milliardaires de la tech sont allés jusqu'à engager secrètement une équipe de scientifiques pour tenter de nous délivrer de la simulation dans laquelle nous vivrions. Loïc Hecht part à la rencontre de ces scientifiques qui posent, après Copernic, après Descartes, après Einstein, une nouvelle question vertigineuse : notre réalité n’est-elle en fait que virtuelle ?
Une plongée dans la théorie de la simulation
La théorie de la simulation suggère que "le monde dans lequel on vivrait serait différent du monde tel qu'il est", ce qui voudrait dire qu'on "vivrait en dehors de la réalité de base", explique Loïc Hecht. Loin d'être une idée moderne, ce concept traverse l'histoire de la pensée, par exemple "Platon avec l'allégorie de la caverne", de même avec "le Bouddha et l'Illusion, Le Papillon de Tchouang Tseu" ou encore "Descartes, Le Malin Génie, Berkeley ou Kant". Ces interrogations reviennent avec des acteurs de la Silicon Valley, fascinés par la puissance croissante des technologies numériques et de l'intelligence artificielle, qui défendent "qu'on pourrait vivre un peu comme dans le film Matrix".
Parmi ces acteurs, on retrouve "deux milliardaires de la Silicon Valley" qui pensent qu'on vit "dans une simulation" et ont donc "embauché secrètement une équipe de scientifiques pour le démontrer". Ce cas est un bon point de départ pour l'enquête de Loïc Hecht qui, au long de son travail, a été surpris de rencontrer des chercheurs qui lui ont expliqué "qu'en vertu de ce qu'on a découvert en physique quantique et en neurosciences", ce ne serait pas "une idée si farfelue" de croire vivre dans une simulation.
La quête des anomalies : le concept de glitch
Pour tenter de démontrer que notre existence est simulée, certains chercheurs traquent ce qu'ils nomment des "glitchs", qui sont des anomalies dans le fonctionnement du réel qui pourraient démontrer qu'on vit dans une simulation. Cette recherche se divise entre une approche matérialiste, "qui pense que le monde est de la matière et que la conscience serait le produit de la matière" et qui donc va chercher des "glitches" dans des endroits un peu classiques de la physique en scrutant les bugs de la physique quantique. D'autre part il y a une approche essentialiste, qui "suggère que la conscience pourrait être en dernier lieu l'élément le plus fondamental de la réalité" et elle serait donc "la base de tout".
Plus profondément, la question de vivre dans une simulation nous fait nous interroger "sur qu'est-ce qu'on appelle le réel". Pour Loïc Hecht, "on ne comprend pas très bien ce que c'est la réalité", ce qui nous pousse à "avoir des grands discours sur la conscience" et la physique. Cela pose la question de savoir si on ne pourrait pas avoir "accès à un degré de conscience un peu plus grand", notamment au travers des drogues ou encore de la méditation.